Palais impérial, grande visite

avril 19, 2007

         Dernière visite de notre séjour à Kyoto ce lundi 1er Mai. Bagages déposées à la consigne de la gare après un tour de métro. Nous voici au palais impérial, que nous avons réservé à notre arrivé vendredi.

           C’est une visite obligatoirement et gratuitement guidée en anglais. Nous sommes une petite troupe d’étranger pour cette visite qui commence après vérification des passeports. La guide nous emmène dans les allées et nous voyons successivement l’entrée principale (et la petite entrée sur le coté pour la femme de l’empereur), le lac et son jardin, des détail de l’architecture des bâtiments, et quelques cours intérieures.

             L’accent très nippon et le soleil ne facilitent pas la compréhension de la guide. Nous apprenons tout de même que l’empereur ne vient plus du tout dans ce palais de Kyoto, et qu’il préfère déménager pas hélicoptère les statues devant lequel il est sensé se recueillir une fois par an.

             L’ensemble du complexe est immense, j’ai déjà un peu parlé de la taille des allées de gravier. C’est une grande visite, même si l’intérêt esthétique est du coup moins mis en avant que dans d’autres lieus de la ville. Il fallait venir, nous l’avons fait. Direction Nara désormais, et d’autres trésors à découvrir !


Le Tenryu Ji et son jardin

mars 27, 2007

 

   Redescendus de notre petit nuage, nous nous attaquons au Tenryu Ji, sur la berge opposé. Ce temple nous a marqué surtout par son extraordinaire jardin, ou se mêlent jeux d’eau et promenades boisées. Sur ses hauteurs on aperçoit la rivière. En bas, les bâtiments et leurs terrasses de bois sont propices à la découverte du lieu.

 

  Quelques photos avec kitty chan, nous sommes d’humeur badine. Plus vraiment la force de rentrer à l’intérieur, nous préférons la douce chaleur de cette fin de journée, profitant du calme de ce jardin. Après quelques jours à Kyoto à sillonner la ville à la découverte de ses trésors, ce dimanche nous aura fait le plus grand bien, et les vélos nous aurons bien aidés pour nous déplacer en toute sérénité.


Les 8000 bouddhas

mars 18, 2007

             Au chapitre des visites qui sortent un peu du commun, le Nembutsu ji à Adashino, toujours à l’ouest de la ville. Ce lieu est très intéressant pour la dualité qu’il symbolise entre sépulture et lieu de culte. En effet quelques 8000 bouddhas de pierre honorent aujourd’hui l’âme des défunts jadis enterrés en ce lieu. Tour à tour stèles funéraires et statues divines, ces bouddhas se dispersent sur tout le site, assez étroit et resserré. Certains ne sont que de simples pierres, érodées par les siècles.

                     Au sommet du lieu, après avoir remonté une magnifique forêt de bambou adossée à flan de colline, nous découvrons une scène étrange et touchante. Des femmes viennent arroser la tête des bouddhas de la fontaine qui domine un nouveau champ de statues. Disposé sur une forme hexagonale, cette fontaine joue une nouvelle fois un rôle de purification, et sans doute vient on y prier pour les ancêtres. Une tradition que nous contemplons dans le plus grand respect, car c’est bien dans un cimetière que se déroule la scène.


Daikaku ji, un temple riche.

mars 14, 2007

              La visite du Daikaku ji est l’une des plus riche que nous ayons faite. Tout d’abord par ce qu’il s’agit comme la plupart de temples d’un complexe étendu, où se mêlent jardins, temples, promenades et pagode. Mais aussi par les quelques découvertes que nous y faisons, avec notamment l’expression des jardins, la beauté des estampes, ou la finesse du mobilier.

                 D’un coté le lac, bordé par une étonnante pagode à seulement deux niveaux, de l’autre une série de bâtiment relié entre eux par un parcourt sur pilotis. On y parvient en franchissant une des ces grandes portes, ouvrant sur un jardins zen assez remarquable pour la forme quasi parfaite de l’arbre qui, seul, amène une touche végétale à l’ensemble.

              Une des expressions qui me reste en tête est ce concept de faire entrer le jardin dans la maison. Il s’exprime ici de deux manières, d’abord par l’ouverture des pièces qui se fait par de grandes portes coulissantes qui ouvrent littéralement le bâtiment, puis par la forme de méandre que le jardins épouse entre les différents éléments du temple.

                 Les pièces sont ici très bien conservées, et on observe même quelques éléments de mobilier, ce qui est assez rare pour être souligné. Les estampes qui se dessinent sur les paravents cloisons et plaintes valent à elles seules le déplacement dans ce temple très agréable.

               La promenade proposée par la série de passerelles qui relient les bâtiments permet de contempler quelques merveilles, allant du petit bout de jardin à la luxure d’un autel bouddhique. On y croise même quelques moines qui s’affèrent en silence. Une visite vivement recommandée !


A l’auberge de jeunesse

mars 4, 2007

         J’ai déjà commencé à parler de notre fameuse auberge de jeunesse il y a quelques post, voici l’occasion de compléter un peu.

        Utano Youth Hostel est situé tout au nord de Kyoto. Un peu perdu pour tout dire. Mais à l’écart de la ville, dans un coin plus tranquille, plus joli aussi. Tenu par des jeunes, l’ambiance est cool, véritable melting pot d’horizons différents. On y croise des jeunes, des moins jeunes. Des japonais, des moins japonais. Le mur de chaussons à l’entrée nous rappelle les us et coutumes de l’habitat japonais. La soupe miso servi au petit déjeuner aussi !

         Salon avec télé (et programme so japanese…), grand refectoire, coin internet : rien ne manque. Dortoir de 8, on se mélange. Salle de bains commune, on se mélange encore. Et ceux qui n’ont pas voulu profiter des onsens, ses bains thermaux japonais, regrettent amèrement leur décision, puisqu’ils sont ici contraints de partager leur bain. C’est le charme du mode de vie nippon.

 

         Une terrasse, de quoi bavasser pendant des heures autour d’un verre, en compagnie d’une foule de nouveaux amis venus des quatre coins du monde. Le temps de mettre un mot en guise de souvenir sur le mur prévu à cet effet. Demain nous louons des vélos et c’est reparti pour l’aventure !


Kyomizu dera, la plus belle vue sur Kyoto

février 11, 2007

Depuis le temps que je parle du Kyomizu Dera, voila enfin que je lui accorde un post. Il faut bien avouer que cette visite est un de mes coups de cœur ! Au sommet de Gion dont la traversée est déjà l’un de mes plus beaux souvenirs de Kyoto.

 

            Perché à flanc de colline à l’est de l’ancienne capitale, le Kyomizu dera est remarquable pour ses toits en chaume, son énorme cloche en fonte, et sa célèbre fontaine devant laquelle des centaines de japonais font la queue afin de recueillir quelques gorgées de l’eau sacrée qui s’y écoule. L’ensemble est plutôt impressionnant. Une magnifique porte rougeoyante encadre l’entrée du temple. Une pagode s’élève non loin, veillant sur la cité dorée.

 

            Mais la vraie particularité du Kyomizu dera, c’est son système de pilotis de bois qui soutiennent l’ensemble au dessus de la forêt. Tel un vaisseau flottant, le complexe prend de l’altitude et domine la ville. Le point de vue est magnifique et on y observe les plus fabuleux coucher de soleil, pour peu que les nuages se dégagent, ce qui ne fut malheureusement pas le cas pour nous. On raconte qu’un illustre personnage choisit de se jeter depuis la terrasse pour mettre fin à sa vie tragique. Cela rajoute au mythe qui entoure le lieu. Une visite à la hauteur de sa réputation !


Yasaka jinja et Parc Maruyama

janvier 11, 2007

Une touche de calme dans un monde de fous.

               Déjà plusieurs jours de visite éreintant, sur un rythme un peu fou. Car ici les monuments et temples ferment pratiquement tous avant même 17h. Comment alors prendre son temps, vu qu’il nous faut rallier les quatre coins de la ville pour avoir la chance de voir tout ce que nous avions prévu ? Aujourd’hui, tant pis pour le Yasaka Jinja, dont nous ne pourrons voir que la partie extérieure.

             Nous nous rabattons sur le Maruyama koen qui abrite le temple. On s’y promène l’air de rien. Ici un groupe de musique et de saltimbanques joue et s’amuse. Là un petit autel ou un torri. Il fait bon se laisser aller dans ce parc, en cette saison. Le soleil nous accompagne dans cette petite pose délicieuse. Il nous vient alors une idée. Le Kyomizu Dera, un autre temple un peu plus loin, a une petite chance d’être encore ouvert. Il est tant de sortir de notre torpeur et de repartir à l’aventure !


Gion, quartier traditionnel

janvier 5, 2007

                Kyoto, dans ce que la ville nous offre du premier coup d’œil, c’est un peu l’antithèse de ce que l’on s’attend à trouver en venant dans le Japon traditionnel.

              Gion, à travers ces charmantes petites rues pavées et bordées d’adorables petites maisons de bois, c’est la promesse de contempler ce qu’on était venu chercher.

 

             L’absence de véhicule dans l’étroitesse relative de ce quartier est en soi une petite révolution. On se prend à rêver de croiser un seigneur fendant la foule de son armure cliquetant sur le pavé millénaire. Ici l’atmosphère est enfin paisible. Les maisons s’entassent et déborde de part et d’autre de la rivière Kamigawa. Celle-ci, enserrée de berges empierrées, s’écoule paisiblement sous les ponts, nous regarde passer, des étoiles dans les yeux.

 

             Les maisons sont ici uniques et ont gardé tout le charme et le mystère qu’elles abritent. Bâtisses de bois, élevées sur un étage au plus, qui donc se cache à l’abri de leurs volets de paille de riz tréssée ? Sans doute une « mama-san » guettant les allées et venus des riches clients venus se divertir dans une des nombreuses maisons de geishas.


Nijo-jo, le chateau de Nijo

décembre 17, 2006

           Kyoto regorge de temples. Certes. Mais ce n’est pas une raison pour se priver de la visite de son château, le Nijo-jo.

 

Situé en plein cœur de la ville, ce château n’a évidement rien d’une fortification médiévale comme nous les connaissons en France. Equipé de lourdes portes, une nouvelle fois richement travaillées, le mur d’enceinte, doublé de douves, abrite une ancienne résidence de shoguns et tout une série de bâtiments. C’est ici que se décidaient, dans le plus grand secret, les manœuvres militaires à venir.

 

Dans un but de discrétion, et pour éviter toute intrusion, de jour comme de nuit, les bâtiments sont dotés du premier système d’alarme à capteur de contact ! Il s’agit du célèbre parquet « rossignol » qui, par l’adjonction de cales métalliques entre les planches, se met à siffler dès qu’une charge le contraint. Je vous laisse imaginer le concert en ce samedi de visites, plein de touristes qui comme nous traversent les grands couloirs ainsi équipés ! A une époque où les visites étaient plus rares, on était tout de suite alerté de la venue de quelqu’un. Ingénieux système !

 

Malgré cette curiosité, les bâtiments restent ici fonctionnels, et moins impressionnants que d’autres temples. Le jardin, quoique joliment dessiné, donne cette même impression de déjà vu en moins original. Peut être faut il commencer par là pour ne pas être déçu. Ou approfondir le coté historique pour profiter pleinement du lieu.


Daitoku Ji et Daisen en : c’est l’histoire d’un bateau et d’une tortue

novembre 29, 2006

         On peut penser, à tort, que l’art du jardin zen est hermétique et compliqué, impalpable pour des non initiés. Le jardin zen du Daisen-in est un magnifique exemple de lyrisme et de romanesque dans cet art ancestral. Situé au nord de la ville, dans le complexe du Daitoku-ji, le Daisen-in et son jardin ne sont qu’une petite partie de l’ensemble. Cela dit, contrairement au Riyoan-ji, les images mises en scène dans ce jardin sont assez explicites, et permettent d’entrevoir l’esprit de la philosophie zen.

 

           Autour du bâtiment carré, richement décoré de magnifiques paravents, se déroule le jardin, en quatre fresques chacune accolées à un coté. Nous nous engageons , pieds nus tel que l’éxige la visite de tous les temples. Le contact du bois et les jeux de lumière, mis en scène par les murs et les toits qui couvrent la promenade, permettent de se plonger dans l’univers du jardin. La première fresque nous conte l’histoire d’un bateau, symbolisé par une grosse pierre, et d’une tortue, dont seul le dos est évoqué par une autre pierre. Alors que le bateau descend le courant, figuré par le parterre travaillé des petits cailloux, la tortue elle semble le remonter. Dualité et complémentarité des points de vue sont représentés dans ce tableau.

 

          On est alors, avec la tortue, amené à traverser une porte symbolique, constituée d’une cloison percée d’une fenêtre. Ce qui nous amène à la deuxième fresque : une véritable cascade minérale. La position des rochers est ainsi travaillée que l’on semble sentir l’eau s’écouler depuis le haut, pour ainsi permettre à la dense végétation de mousse de s’épanouir à ses pieds. Tel le courant de la vie, la rivière minérale, d’abord torrent, vient mourir, fleuve lent et fatigué, dans une mer intérieure faisant la jonction avec la troisième fresque. Celle ci, dépouillé de toute artifice n’a pour fonction que de nous guider vers l’apothéose du jardin, l’immensité de son océan.

 

           Dernier tableau, on y retrouve une mer de caillou soigneusement ratissée en autant de petites vaguelettes. Deux éléments viennent ajouter la dimension méditative de cette espace. Deux monticules de pierre, que j’interprete comme le mystère indéchiffré de la vie écoulée. Et face à cette incompréhension, l’arbre de l’illumination, celui là même qui permit à Bouddha d’atteindre le nirvana. Il est là, comme pour stopper le cycle qui nous ramène en définitive à notre bateau et à notre tortue. Lequel des deux prend le bon chemin, si tenté qu’il y en ai un ? On pourrait ainsi parler des heures de ce jardin, véritable incarnation des questions qui nous assaillent tout au long de notre vie. Chef d’œuvre !


Les jardins du pavillon d’argent

novembre 9, 2006

              A l’autre bout de la ville, se dresse le pavillon d’argent. Non pas recouvert d’argent comme son double doré, le Gingakuji offre à la vue un bâtiment de bois, tout en simplicité et en pudeur.

 

Le nom officiel du temple qui abrite le pavillon d’argent est Jishoji. C’est un temple zen très aboutit, où se dévoile un jardin sec particulièrement travaillé, et un jardin de mousse d’une beauté époustouflante. Ce qui surprend le plus de prime abord, c’est l’étroitesse du lieu. A peine à l’écart des habitations, le jardin sec, quoique très bien conçu avec sa mer intérieure minérale, et son mont Fuji proéminent, semble à l’étroit entre les murs de l’enceinte et le pavillon lui-même.

 

Le vrai intérêt pour nous, est la promenade aménagée dans les hauteurs du jardin qui entoure le pavillon. On y découvre un jardin de mousse verdoyant, serti dans une forêt luxuriante, enfin à même de nous arracher à la ville. Dans ces plaines miniatures se trament des batailles incessantes. Le tableau semble s’animer, tandis que nous sommes là à le contempler. Une petite cascade vient formé un lac où de minuscules bateau viendraient accoster. Le jeu des échelles est saisissant à tel point que les bâtiments présents s’intègrent parfaitement à la magie de ce décor de modèle réduit.

 

Bientôt il nous faut partir. Déjà le jour se couche sur le temple. Une journée fantastique au milieu des trésors de Kyoto.


Ryoan Ji, le chef d’œuvre du zen

novembre 2, 2006

             Comment ne pas tomber dans les clichés en voulant parler de ce temple mythique ? Il est si facile de n’en dire que ce qu’on déjà dit et répété sur son jardin sec, qu’il est un des chefs d’œuvre de l’esprit zen. Et pourtant ! Face à cette mer de cailloux, soigneusement rangés en autant de petites vagues, la méditation me submerge, l’imaginaire prend le relais des yeux.

 

          Et c’est une peu ça l’esprit de ce jardin. Quinze pierres disposées en 5 îlots flottent au gré de cette masse minérale. L’œil avisé du pèlerin souligne le fait que seul quatorze d’entre elles ne sont visibles en même temps d’un seul point de vue. C’est à l’esprit de visualiser alors la dernière pierre. Cette dimension méditative sur les mystères de ce monde n’est pas usurpée. Je sombre moi-même à la rêverie, fermant les yeux, à l’écoute du vent dans les arbres, sentant la chaleur des lattes de bois, chauffées par un franc soleil, remonter mon corps pensif. Ainsi suis-je à même de me questionner sur le sens de ce jardin, la pluralité des points de vue, complémentaires évidement. Un arbre en fleur plonge au dessus du muret, lequel laisse amplement voir l’extérieur du jardin de par sa faible hauteur. Et si la réponse à nos questions se trouvait au delà des apparences, derrière ce mur ? C’est un peu tout ça l’esprit zen du Ryoanji.

 

          Un univers passionnant, dans lequel il est facile de s’aventurer. En ce mois d’avril, la chance est avec nous. Arbres en fleurs, torris rougeoyant sous le soleil, tout est fait pour nous ravir. Une ballade dans le complexe de temples qui compose le Ryoanji, une ballade dans nos propres esprits. C’est bien ici le point de départ de notre voyage au cœur du zen


Poésie et Pavillon d’Or

octobre 25, 2006

    La traversé de Kyoto en bus ne fera que confirmer notre impression. Comme le disait l’écrivain italien Fosco Maraini, les japonais semblent protéger la beauté de leurs trésors en les entourant de laideur. C’est ainsi que se construisent les villes autours des temples et jardins. L’urbanisme décadent pour cacher les véritables chefs d’œuvres de la culture japonaise.

 

    Le pavillon d’Or, Kinkaku ji. C’est l’un de ces monuments incontournable. Erigé au nord de la ville, ce joyaux doré semble serti dans cet écrin naturel formé par un lac, véritable miroir, au cœur d’une explosion de verdure. Le soleil pare le temple de mille et un reflets métalliques. Tel l’oiseau qui fièrement nous contemple depuis le sommet, nous voici libérés d’avoir pu poser les yeux sur l’une des merveilles de ce monde.

 

    Outre le Rokuon ji, l’autre nom du temple, c’est toute une promenade qui s’organise dans le vert jardin. Une maison de thé du XVIIe siècle vient ponctuer notre visite. Le vent très délicat souffle et fait tomber, telle une neige de printemps, les pétales roses des arbres en fleur. C’est un lieu propice à l’écriture de Haïku, ces petits poèmes japonais qui révèlent en quelques mots la sensibilité du monde qui nous entoure. Les pèlerins abandonnent leur fortune à bouddha, que de vieilles femmes viennent ramasser pour la pérennité du temple. A moins que ce ne soit la voie commerçante, à la sortie du complexe, qui ne fasse les beaux jours du pavillon d’Or. Ou comment faire rimer beauté ancestrale et commerce fructueux.


Ghibli, dans l’univers de Totoro et ses amis

octobre 7, 2006

Tokyo est une immense mégalopole. En allant vers Mitaka, petite ville en périphérie de la capitale, nous ne quittons jamais la ville. Ne cherchant pas l’évasion de ce côté-là, c’est par l’imaginaire que nous comptons sortir de l’omniprésence de cette ville. L’imaginaire de Hayao Miyazaki et de ses complices des studios Ghibli.

 

A la descente du train, un bus. Jaune et rigolo. Mais c’est à pied que nous rejoignons le Musée Ghibli, dédié à l’œuvre de Miyazaki, maître de l’animation japonaise à qui l’on doit le somptueux « Voyage de Chihiro » et le classique « Mon voisin Totoro ». Cette petite ballade, en remontant le cours de la rivière puis en coupant à travers le petit bois aménagé, nous relaxe et nous sort de l’enchevêtrement de building de Shinjuku. Très calme et très accueillante, Mitaka nous dévoile quelques jolies maisons dont nous apprécions la beauté des jardins.

Le musée Ghibli semble sortir tout droit des films dont il retrace la création. Le bâtiment en lui-même représente l’imagination débordante qui s’écoule dans les œuvres de Miyazaki, dont il reprend les éléments phare dans son aménagement intérieur comme le chat-bus dans lequel les plus petits se défoulent. Une salle dédiée à l’aspect technique de la création d’un long métrage d’animation, une autre sur les influences du maître, il y a de quoi ravir les fans. Mais cela reste malgré tout assez petit, et assez inaccessible pour des non-initiés et des non-japanophones. Il reste quand même la découverte de ce court métrage assez originale que vous ne pourrez voir que là. L’histoire d’une petite fille qui s’en va dormir une nuit dans un refuge de montagne. La curiosité réside dans la bande son, qui se compose exclusivement de bruitage à la bouche des sons entourant la jeune fille. Le bruit du vent dans les arbres, de la pluie sur le toit, s’affiche de plus à l’écran dans une explosion coloré d’hiragana déjantés. Curieux et succulent. Il me fallait bien ça !


Shinjuku de jour

octobre 4, 2006

L’une des expressions qui nous est resté le plus de ce voyage est sans doute le cultissime « rashu », la contraction de rush hour en anglais. Non seulement pour le plaisir de l’avoir en bouche, mais pour la réalité qu’il traduit, et que nous découvrons en ce jeudi matin pluvieux.

 

            Levé un peu plus tôt qu’à l’accoutumé, nous quittons donc nos familles, non sans un pincement au cœur, et nous retrouvons comme d’habitude sur un quai de gare. Surprise, nous avons quasiment tous hérité d’un parapluie transparent de la part de nos familles. Il y en avait au moins trois dans le coffre de M. Tanaka ! Ici le parapluie est une institution, et tout est fait pour en facilité l’utilisation et  la diffusion. C’est objet qui ne coûte pratiquement rien, moins de 1€. Enfin quand il s’agit de rentrer dans un train bondé avec, la solution confortable n’a toujours pas été trouvé. Devant tant de monde, des employés de gare, reconnaissables à leurs gants blancs, sont là pour faire rentrer tout le monde, quitte à vous caler la tête contre une vitre en veillant à ce que votre parapluie reste bien à l’intérieur, coincé entre vous et la personne qui s’étouffe dans votre veste.

 

            Fraîchement débarqués à Shinjuku, nous découvrons la mairie et son cortège de building. L’ambiance pluvieuse et l’architecture post moderne nous replongent dans l’univers de Blade Runner et autres films d’anticipation futuristes. La montée à l’observatoire ne nous apporte pas grand-chose vu le temps, en revanche le passage sous la place devant la mairie s’avère très instructif. Pour la première fois nous rencontrons des sans abris dormant sur de vieux matelas récupérés. Plus étonnant encore, des employés municipaux s’occupent de leur donner à manger. Est-ce par pur altruisme, qui pourrait caractériser une façon nippone de gérer les choses, ou bien une façon de parquer la misère loin de la vue des touristes. Je vous laisse à votre propre interprétation…