Geishas, rencontre anachronique

janvier 17, 2007

Ce que l’on espère secrètement en venant à Kyoto, c’est bien sur avoir la chance de croiser une de ses fameuses Geishas, au détour d’un chemin. Ce vœux est je pense assez souvent exaucé, pour peux que l’on arpente quelque temps les rues du quartier de Gion.

Nous sommes donc en train de remonter les ruelles et passages qui mènent au mythique Kyomizu Dera, ce temple qui surplombe la ville, en nous frayant un chemin parmi la foule qui flâne au milieu des échoppes bordant le chemin. Cet univers est déjà en soi très dépaysant. Les maisons de bois, le pavé irrégulier. Dans ce décor on se surprend à ne pas être surpris alors, lorsque apparaissent deux magnifiques Geishas, dont le bruit des chaussures si particulières sur le pavé impose au moment une certaine solennité. Cette image sortie d’une autre époque est ici courante, et semble encore d’actualité.

Un photographe les accompagne. Vite, juste le temps de prendre une ou deux photos volées, et d’en garder un souvenir éternel.


Manif à la japonaise

janvier 14, 2007

Curiosité parmi les curiosités, la manif à la japonaise. Ordonnée, proprette, les slogans sont tout juste entonnés, à l’opposé du martelage publicitaire auquel nous nous sommes habitué depuis le début de ce voyage. Quelques dizaines de personnes devant un temple. Un rassemblement à peine plus grand sur les bords de la rivière. Des pancartes colorées, on dirait une manif du GreenPeace local. Comme nous ne comprenons pas vraiment de quoi il retourne, nous nous trompons peut-être sur la nature de cette manifestation. Il n’empêche que nous en gardons un souvenir insolite.


Yasaka jinja et Parc Maruyama

janvier 11, 2007

Une touche de calme dans un monde de fous.

               Déjà plusieurs jours de visite éreintant, sur un rythme un peu fou. Car ici les monuments et temples ferment pratiquement tous avant même 17h. Comment alors prendre son temps, vu qu’il nous faut rallier les quatre coins de la ville pour avoir la chance de voir tout ce que nous avions prévu ? Aujourd’hui, tant pis pour le Yasaka Jinja, dont nous ne pourrons voir que la partie extérieure.

             Nous nous rabattons sur le Maruyama koen qui abrite le temple. On s’y promène l’air de rien. Ici un groupe de musique et de saltimbanques joue et s’amuse. Là un petit autel ou un torri. Il fait bon se laisser aller dans ce parc, en cette saison. Le soleil nous accompagne dans cette petite pose délicieuse. Il nous vient alors une idée. Le Kyomizu Dera, un autre temple un peu plus loin, a une petite chance d’être encore ouvert. Il est tant de sortir de notre torpeur et de repartir à l’aventure !


Australian airways

janvier 7, 2007

             C’est souvent dans des endroits improbables que se trament les histoires les plus cocasses. Ainsi il a fallu se trouver à des milliers de kilomètre de l’Australie pour avoir l’occasion de tourner dans un spot de pub rigolo. Et qui de plus charismatique que Victor pour charmer la blonde hôtesse de l’Australian airways ?

            Un peu de gringue et s’était presque parti pour une séquence qui aurait été mémorable, sauter les bras bien haut, avec un grand sourire, comme les quelques autres touristes recrutés. Il faut croire que le décor de Gion inspirait fortement le metteur en scène, un poil loufoque.

           Aurait-il manqué à Victor un petit surplus de charme pour lui permettre de passer immédiatement ? Toujours est il que la demi heure de patience réclamée fut de trop pour nous. Tant pis cela aurait sûrement été…cocasse !


Gion, quartier traditionnel

janvier 5, 2007

                Kyoto, dans ce que la ville nous offre du premier coup d’œil, c’est un peu l’antithèse de ce que l’on s’attend à trouver en venant dans le Japon traditionnel.

              Gion, à travers ces charmantes petites rues pavées et bordées d’adorables petites maisons de bois, c’est la promesse de contempler ce qu’on était venu chercher.

 

             L’absence de véhicule dans l’étroitesse relative de ce quartier est en soi une petite révolution. On se prend à rêver de croiser un seigneur fendant la foule de son armure cliquetant sur le pavé millénaire. Ici l’atmosphère est enfin paisible. Les maisons s’entassent et déborde de part et d’autre de la rivière Kamigawa. Celle-ci, enserrée de berges empierrées, s’écoule paisiblement sous les ponts, nous regarde passer, des étoiles dans les yeux.

 

             Les maisons sont ici uniques et ont gardé tout le charme et le mystère qu’elles abritent. Bâtisses de bois, élevées sur un étage au plus, qui donc se cache à l’abri de leurs volets de paille de riz tréssée ? Sans doute une « mama-san » guettant les allées et venus des riches clients venus se divertir dans une des nombreuses maisons de geishas.


Big brother is watching you

décembre 27, 2006

            Dans cet univers sucré et coloré que peut-être le Japon, un élément cloche. L’univers sonore oppressant qui surveille le moindre de vos déplacements.

             On peut penser que le fait de ne pas comprendre la langue explique ce sentiment. Je pense que ça n’explique pas tout. Des voix incessantes ressassent en boucle des tonnes des messages, commerciaux ou purement informatifs. Les devantures de magasin parlent. Des vendeurs parlent et haranguent les clients potentiels. Dans le train, ça parle encore. Toujours cette voix nasillarde tout droit sortie de 1984 d’Orwell. Dans les gares, les « dépato » ; dans les rues, partout ces voix.

         Un exemple, les bus à Kyoto. Après traduction on peut entendre le chauffeur saluer les voyageurs qui montent, et remercier un à un les passager qui payent en descendant. Les « arigato gozaimasu » résonne dans tout le bus, portés par le micro que porte le chauffeur. Puis nous démarrons. Nous sommes prévenus, toujours par notre chauffeur, de notre mis en route. A chaque feu, la même attention : « prenez garde on démarre ». Chaque station est annoncée largement à l’avance et, bien sûr, plusieurs fois. Et quand bien même un blanc se ferait entendre, une voix enregistrée invite, en anglais, les touristes à visiter tel où tel lieu à proximité du prochain arrêt. Une oppression qui, combinée à celle olfactive qui se dégage dans les rues, peut provoquer un sérieux malaise. Beware !


Dans les allées du palais impérial

décembre 21, 2006

Il est indispensable, si l’on veut visiter le palais impérial de Kyoto, de réserver au moins deux jours à l’avance auprès de l’agence impériale de la ville. Dans l’intention de faire la visite le lundi, nous avons donc du passer dans les longues allées qui longent le palais afin de nous rendre au bureau de réservation.

 

Et ces allées !! A elles seules elles accaparent l’espace. Longeant les murs d’enceinte qui ne prodiguent qu’une ombre symbolique, ces avenues de gravier semblent interminables. Leur largeur, en proportion de leur longueur, ne laisse pas supposer de telles distances. Ecrasés par un soleil de plomb, c’est plein d’humilité que nous avançons. Minuscules fourmis sur cet énorme chemin, une visite dans la demeure de l’empereur se mérite.


Nijo-jo, le chateau de Nijo

décembre 17, 2006

           Kyoto regorge de temples. Certes. Mais ce n’est pas une raison pour se priver de la visite de son château, le Nijo-jo.

 

Situé en plein cœur de la ville, ce château n’a évidement rien d’une fortification médiévale comme nous les connaissons en France. Equipé de lourdes portes, une nouvelle fois richement travaillées, le mur d’enceinte, doublé de douves, abrite une ancienne résidence de shoguns et tout une série de bâtiments. C’est ici que se décidaient, dans le plus grand secret, les manœuvres militaires à venir.

 

Dans un but de discrétion, et pour éviter toute intrusion, de jour comme de nuit, les bâtiments sont dotés du premier système d’alarme à capteur de contact ! Il s’agit du célèbre parquet « rossignol » qui, par l’adjonction de cales métalliques entre les planches, se met à siffler dès qu’une charge le contraint. Je vous laisse imaginer le concert en ce samedi de visites, plein de touristes qui comme nous traversent les grands couloirs ainsi équipés ! A une époque où les visites étaient plus rares, on était tout de suite alerté de la venue de quelqu’un. Ingénieux système !

 

Malgré cette curiosité, les bâtiments restent ici fonctionnels, et moins impressionnants que d’autres temples. Le jardin, quoique joliment dessiné, donne cette même impression de déjà vu en moins original. Peut être faut il commencer par là pour ne pas être déçu. Ou approfondir le coté historique pour profiter pleinement du lieu.


Daitoku Ji et Daisen en : c’est l’histoire d’un bateau et d’une tortue

novembre 29, 2006

         On peut penser, à tort, que l’art du jardin zen est hermétique et compliqué, impalpable pour des non initiés. Le jardin zen du Daisen-in est un magnifique exemple de lyrisme et de romanesque dans cet art ancestral. Situé au nord de la ville, dans le complexe du Daitoku-ji, le Daisen-in et son jardin ne sont qu’une petite partie de l’ensemble. Cela dit, contrairement au Riyoan-ji, les images mises en scène dans ce jardin sont assez explicites, et permettent d’entrevoir l’esprit de la philosophie zen.

 

           Autour du bâtiment carré, richement décoré de magnifiques paravents, se déroule le jardin, en quatre fresques chacune accolées à un coté. Nous nous engageons , pieds nus tel que l’éxige la visite de tous les temples. Le contact du bois et les jeux de lumière, mis en scène par les murs et les toits qui couvrent la promenade, permettent de se plonger dans l’univers du jardin. La première fresque nous conte l’histoire d’un bateau, symbolisé par une grosse pierre, et d’une tortue, dont seul le dos est évoqué par une autre pierre. Alors que le bateau descend le courant, figuré par le parterre travaillé des petits cailloux, la tortue elle semble le remonter. Dualité et complémentarité des points de vue sont représentés dans ce tableau.

 

          On est alors, avec la tortue, amené à traverser une porte symbolique, constituée d’une cloison percée d’une fenêtre. Ce qui nous amène à la deuxième fresque : une véritable cascade minérale. La position des rochers est ainsi travaillée que l’on semble sentir l’eau s’écouler depuis le haut, pour ainsi permettre à la dense végétation de mousse de s’épanouir à ses pieds. Tel le courant de la vie, la rivière minérale, d’abord torrent, vient mourir, fleuve lent et fatigué, dans une mer intérieure faisant la jonction avec la troisième fresque. Celle ci, dépouillé de toute artifice n’a pour fonction que de nous guider vers l’apothéose du jardin, l’immensité de son océan.

 

           Dernier tableau, on y retrouve une mer de caillou soigneusement ratissée en autant de petites vaguelettes. Deux éléments viennent ajouter la dimension méditative de cette espace. Deux monticules de pierre, que j’interprete comme le mystère indéchiffré de la vie écoulée. Et face à cette incompréhension, l’arbre de l’illumination, celui là même qui permit à Bouddha d’atteindre le nirvana. Il est là, comme pour stopper le cycle qui nous ramène en définitive à notre bateau et à notre tortue. Lequel des deux prend le bon chemin, si tenté qu’il y en ai un ? On pourrait ainsi parler des heures de ce jardin, véritable incarnation des questions qui nous assaillent tout au long de notre vie. Chef d’œuvre !


Passages piétons siffleurs

novembre 24, 2006

           L’une des inventions les plus utiles pour ceux qui en ont besoin, et les plus énervantes pour ceux que ça ne concerne pas : les passages piétons siffleurs. On les entend partout à Kyoto.

L’avantage, c’est relativement discret, et moins casse pied qu’une voix de bonhomme, surtout en japonais. Sic ! En plus ce n’est pas le même oiseau à chaque intersection, c’est assez pratique et bien intégré. Une nouvelle preuve de l’avancement que peuvent avoir certaines villes japonaises en matière d’intégration des handicapés.

Mais il faut avouer que le bruit perpétuel devient vite encombrant, d’autant qu’il s’agit de bruits synthétiques, particulièrement irritant à la longue. A peine un feu passe t’il au rouge, que c’est celui de la rue adjacente qui se met à entonner sa sérénade en continu. Je préfère de loin les petites diodes colorées qui indiquent le temps restant pour pouvoir traverser. Sans doute bien plus inutile, mais tellement plus confortable pour les oreilles !


Le belge vous salue !

novembre 18, 2006

             Le plus drôle, et le seul véritable intérêt de loger en auberge de jeunesse (mis à part le prix évidemment) ce sont les rencontres ! On est surpris de voir le brassage qu’il peut y avoir dans ces auberges…boire une bière avec des australiens, ou partager la soupe miso du petit dej’ avec des thailandais.

 

            Et quelle surprise pour nous que d’entendre parler français, à des milliers de kilomètre de la France ! Nous faisons la connaissance d’un ami belge, très loquace c’est le moins que l’on puisse dire.  A peine nous a t il reconnu comme francophone, et nous voilà parti pour d’interminables conversations sur sa propre expérience au Japon, sur le monde, la vie politique en France et ailleurs. Ce type avait un avis sur tout, et pouvait résumer tout seul  notre voyage, sans que nous ayons eu le loisir d’en placer une !

 

            Nous avons appris quand même qu’il était la en échange d’un an, posté à Kobe je crois, et en perpétuel mouvement autour du Japon. Nous le retrouvons donc ici à Kyoto pendant la golden week, la semaine de vacances d’avril-mai au Japon. L’occasion de parler de l’intégration des étrangers dans ce pays si différent, de comprendre certains comportements que nous ne faisions qu’observer, ou encore de se rendre compte de la volonté qu’il faut avoir pour survivre à long terme au Japon. Notre ami, bien que passionné, semblait y perdre un peu son latin, et les pédales un peu aussi. Sous anti-dépresseur, importés de Belgique faute de les trouver au Japon, son expérience était bel et bien extrême et absolue. Une réflexion sur la fascination que provoque ce pays, et les ravage qu’il peut aussi provoquer pour qui n’est pas assez fort pour assumer un tel choc culturel…


Au restaurant, un sens du commerce hors du commun.

novembre 15, 2006

          Auberge trouvée. Stop. Réservation confirmée. Stop. Chambres trouvées, sacs déposés. Stop. A TABLE !!!! Stop.

         Nous arrivons bien tard, et l’auberge ne nous propose que des nouilles toute prête, autant dire rien du tout. En arrivant en bus, nous avons de suite compris que nous étions à l’écart des coins animés de la ville. Mais où trouver un resto, voire un combini à la rigueur. Renseignés par un des gérants de l’auberge, nous partons de nuit, sur une route pas éclairée, en lisière de forêt. A la recherche d’un ramen-ya (restaurant de ramen).

 

Enfin de la lumière, un « supa » en train de fermer, plus loin un combini et le restaurant de ramen, ces nouilles qui ressemblent à des spaghettis. Stéphanie et moi décidons de se ranger coté combini pour y trouver quelque chose de simple à manger. Nous sommes tout deux un peu écœurés par la bouffe japonaise. Je parlerais une prochaine fois de la nourriture japonaise, ce n’est pas aussi glamour que ce qu’on en pense depuis la France ! Bref nous achetons des pizza très simples ( parce qu’il n’y avait rien de plus simple a vrai dire) et du coca. Nos comparses se sont quant à eux installés au ramen-ya .

            Enfreignant toutes les règles de bienséances, et pour ne pas rester seuls dehors, nous rentrons dans le petit établissement et nous nous installons, penauds et un peu honteux, à coté de nos amis, avec nos propres provisions. Je m’attendais à me faire jeter, j’étais prêt à négocier, à faire mon pauvre petit touriste mal élevé. Quelle ne fut pas ma surprise de me voir servir un grand verre d’eau fraîche et avec le sourire encore !! Le staff du resto fut aux petits soins pour nous tous. Drôle de petits bonshommes, plutôt jeunes, rieurs, dans leurs bottes bleues, avec leurs tabliers et leurs bandeaux. Nous commandons deux orangeades par acquis de conscience. Nous sommes bien, assis en tailleur autour d’une table basse, et pour ceux qui ont encore leur appétit, un plat tout en couleur !


Trouver l’auberge de jeunesse

novembre 12, 2006

            Votre mission, si vous l’acceptez, consiste à récupérer vos sacs dans les consignes de la gare de Kyoto, et de rentrer au plus vite à l’auberge de jeunesse à l’autre bout de la ville, afin d’arriver suffisamment tôt pour avoir le temps de manger. Le tout de nuit, sans vraiment savoir où est l’auberge, ni le temps que cela vous prendra…

Déjà près de trois quart d’heure pour rejoindre la gare ! Dans ce bus, avec la nuit qui tombe, c’est le sommeil qui vient. Deux jeunes sont assis à coté de moi. Les deux somnolent. Coup de frein du bus et voila que l’un deux se cogne la tête sur la barre sur laquelle il se reposait. Je souris, lui aussi. Les gags dépassent évidement la barrière de la langue !

Nous réglons les consignes en faisant la monnaie sur l’une des machines automatiques prévue à cet effet. Chargés, il nous faut repartir tout à fait au nord pour rejoindre l’Utano Youth Hostel. Rapide coup d’œil au plan en romaji, glané le matin en même temps que nos pass de bus 2 jours au TIC de la gare, nous avons un changement. Une fois descendu, avec tout notre barda, c’est le trou. Où sommes nous ?

Une échoppe à deux pas de l’arrêt de bus, de la lumière, nous entrons demander de l’aide. Il s’agit d’un vieux marchand de fruit en tout genre parmi lesquelles des pommes à 9€ pièce ! Lui et sa femme semblent ravis de nous aider même si nous ne comprenons pas un seul de leurs mots. Comprenant que nous allons à Utano YH, ils téléphonent pour nous, pour s’enquérir de la marche à suivre. Bus N°21. Le monsieur s’évertue tant et si bien à nous faire comprendre le numéro et l’arrêt du bus que nous devons prendre, que nous comprenons enfin son charabia. Pas convaincu que nous ayons bien compris celui-ci nous suit et attend le bus avec nous ! Drôle de personnage. Une courtoisie exagérée ? Un vrai altruisme ? Dans tous les cas nous ne restons pas perdus. Ouf !


Les jardins du pavillon d’argent

novembre 9, 2006

              A l’autre bout de la ville, se dresse le pavillon d’argent. Non pas recouvert d’argent comme son double doré, le Gingakuji offre à la vue un bâtiment de bois, tout en simplicité et en pudeur.

 

Le nom officiel du temple qui abrite le pavillon d’argent est Jishoji. C’est un temple zen très aboutit, où se dévoile un jardin sec particulièrement travaillé, et un jardin de mousse d’une beauté époustouflante. Ce qui surprend le plus de prime abord, c’est l’étroitesse du lieu. A peine à l’écart des habitations, le jardin sec, quoique très bien conçu avec sa mer intérieure minérale, et son mont Fuji proéminent, semble à l’étroit entre les murs de l’enceinte et le pavillon lui-même.

 

Le vrai intérêt pour nous, est la promenade aménagée dans les hauteurs du jardin qui entoure le pavillon. On y découvre un jardin de mousse verdoyant, serti dans une forêt luxuriante, enfin à même de nous arracher à la ville. Dans ces plaines miniatures se trament des batailles incessantes. Le tableau semble s’animer, tandis que nous sommes là à le contempler. Une petite cascade vient formé un lac où de minuscules bateau viendraient accoster. Le jeu des échelles est saisissant à tel point que les bâtiments présents s’intègrent parfaitement à la magie de ce décor de modèle réduit.

 

Bientôt il nous faut partir. Déjà le jour se couche sur le temple. Une journée fantastique au milieu des trésors de Kyoto.


Ryoan Ji, le chef d’œuvre du zen

novembre 2, 2006

             Comment ne pas tomber dans les clichés en voulant parler de ce temple mythique ? Il est si facile de n’en dire que ce qu’on déjà dit et répété sur son jardin sec, qu’il est un des chefs d’œuvre de l’esprit zen. Et pourtant ! Face à cette mer de cailloux, soigneusement rangés en autant de petites vagues, la méditation me submerge, l’imaginaire prend le relais des yeux.

 

          Et c’est une peu ça l’esprit de ce jardin. Quinze pierres disposées en 5 îlots flottent au gré de cette masse minérale. L’œil avisé du pèlerin souligne le fait que seul quatorze d’entre elles ne sont visibles en même temps d’un seul point de vue. C’est à l’esprit de visualiser alors la dernière pierre. Cette dimension méditative sur les mystères de ce monde n’est pas usurpée. Je sombre moi-même à la rêverie, fermant les yeux, à l’écoute du vent dans les arbres, sentant la chaleur des lattes de bois, chauffées par un franc soleil, remonter mon corps pensif. Ainsi suis-je à même de me questionner sur le sens de ce jardin, la pluralité des points de vue, complémentaires évidement. Un arbre en fleur plonge au dessus du muret, lequel laisse amplement voir l’extérieur du jardin de par sa faible hauteur. Et si la réponse à nos questions se trouvait au delà des apparences, derrière ce mur ? C’est un peu tout ça l’esprit zen du Ryoanji.

 

          Un univers passionnant, dans lequel il est facile de s’aventurer. En ce mois d’avril, la chance est avec nous. Arbres en fleurs, torris rougeoyant sous le soleil, tout est fait pour nous ravir. Une ballade dans le complexe de temples qui compose le Ryoanji, une ballade dans nos propres esprits. C’est bien ici le point de départ de notre voyage au cœur du zen